Vous venez d’accueillir un chiot et vous découvrez qu’il semble avoir une passion dévorante pour vos chaussures, les pieds de chaise, les tapis… et parfois même vos mains ou vos vêtements ?
Rassurez-vous : votre chiot n’est pas «têtu», «destructeur» ou «mal élevé». Mâchouiller fait partie intégrante de la vie du chiot.
La mastication est un comportement naturel qui répond à plusieurs besoins : explorer son environnement, découvrir des textures, soulager sa bouche pendant la période de dentition, s’occuper, mais aussi parfois se détendre et
réguler ses émotions.
L’enjeu n’est donc pas d’empêcher le chiot de mâcher, mais de lui apprendre progressivement quoi mâcher et de lui proposer des solutions adaptées et sécurisées.
Pourquoi les chiots mâchouillent-ils autant ?
Découvrir le monde
Un chiot explore son environnement principalement avec son nez… mais aussi avec sa bouche.
Il va attraper, mordiller, tirer et parfois transporter de nombreux objets. Cette exploration lui permet de découvrir différentes matières, formes, textures et résistances.
Un tapis ne procure pas les mêmes sensations qu’un jouet en caoutchouc, une branche ou un tissu. Pour un jeune chiot, chaque expérience est une source d’apprentissage.
Mâchouiller est donc aussi une forme d’exploration.
Pendant la dentition
La période de changement de dents peut accentuer considérablement le besoin de mordiller.
Les dents de lait vont progressivement être remplacées par les dents définitives. Cette période peut s’accompagner d’une sensibilité ou d’un inconfort au niveau de la bouche.
Le chiot peut alors rechercher davantage les activités de mastication.
Il est donc particulièrement intéressant de lui proposer des objets adaptés à cette période, plutôt que de chercher à supprimer complètement le comportement.
S’occuper et dépenser son énergie
Mâcher demande de la concentration et constitue une activité intéressante pour un chiot.
Un chiot qui manque d’activités adaptées peut trouver lui-même des occupations… et il n’est pas certain que celles-ci correspondent à ce que nous avions prévu !
Une chaussure laissée au sol, un carton, un coin de meuble ou un coussin peuvent rapidement devenir des « jouets » particulièrement intéressants.
Un comportement naturel auquel nous ne proposons pas d’alternative risque simplement de s’exprimer ailleurs.
Se calmer
La mastication peut également participer à l’apaisement.
Après une période de jeu, une découverte stimulante ou une interaction avec sa famille, proposer une activité masticatoire adaptée peut aider certains chiots à retrouver progressivement leur calme.
C’est pourquoi les activités de mastication peuvent avoir leur place dans les moments de retour au calme, notamment après une promenade ou une séance de jeu.
« Mais il sait très bien qu’il ne doit pas ! »
C’est une phrase que l’on entend souvent.
Pourtant, un jeune chiot ne possède pas encore les capacités d’autocontrôle d’un chien adulte.
Lorsqu’il attrape une chaussure ou commence à mordiller un meuble, il ne se dit pas nécessairement :
« Je sais que c’est interdit, mais je vais quand même désobéir. »
Il répond simplement à une opportunité : « Cet objet est accessible, intéressant et agréable à mâcher. »
Notre rôle est donc de gérer son environnement et de lui montrer progressivement quelles alternatives sont intéressantes.
Comment lui apprendre ce qu’il peut mâcher ?
La première règle est simple : faciliter la réussite.
Si votre chiot a accès en permanence à une multitude d’objets interdits, il sera beaucoup plus difficile pour lui de comprendre ce que vous attendez.
1. Prévenir plutôt que réprimander
Pendant les premiers mois, pensez à ranger les chaussures, vêtements, télécommandes et petits objets qui pourraient être attrapés.
Protégez également les endroits auxquels vous ne souhaitez pas que votre chiot ait accès.
Ce n’est pas « tricher » dans l’éducation : c’est simplement adapter l’environnement aux capacités du jeune chien.
2. Lui proposer de vraies alternatives
Mettez à sa disposition plusieurs objets adaptés à la mastication, avec des textures et des formes différentes.
Selon l’âge et la puissance de mastication du chiot, vous pouvez par exemple alterner :
- des jouets à mâcher adaptés aux chiots ;
- des jouets pouvant être garnis de nourriture ;
- des objets permettant de lécher et de mâchouiller ;
- des jouets de textures différentes ;
- des produits de mastication alimentaire adaptés à son âge et à son gabarit :
- Trachée de boeuf
- Panse de boeuf, mouton
- Groin de porc
- Oreille de lapin
- Patte de poulet
- Type WHIMZEES…
À éviter
- Les os cuits, qui peuvent se briser en éclats dangereux.
- Les objets trop durs (comme certains bois très denses ou des bois de cervidés pour un très jeune chiot), qui peuvent casser les dents.
- Les petits objets pouvant être avalés.
- Les jouets abîmés qui risquent de se désagréger.
Il n’est pas nécessaire de tout laisser disponible en permanence. Faire tourner les jouets permet également de conserver leur intérêt.
3. Valoriser les bons choix
Votre chiot prend spontanément son jouet plutôt que votre chaussure ?
C’est exactement ce que vous souhaitez voir se reproduire.
Vous pouvez simplement le laisser profiter de son activité, ou lui accorder une petite interaction positive.
L’objectif est que votre chiot découvre progressivement :
« Quand j’ai envie de mâcher, ces objets sont intéressants. »
4. Que faire s’il attrape quelque chose d’interdit ?
Évitez autant que possible de transformer chaque récupération d’objet en confrontation.
Courir derrière le chiot, lui arracher systématiquement ce qu’il a dans la gueule ou le gronder peut parfois rendre l’objet encore plus intéressant… et peut surtout lui apprendre qu’un humain qui s’approche signifie « on va me prendre mon trésor ».
Lorsque c’est possible, proposez calmement un échange avec un objet autorisé ou une activité intéressante.
Une fois l’objet récupéré, pensez surtout à revenir à une gestion de l’environnement qui évitera que la situation se répète.
Quelle mastication choisir ?
Tous les objets à mâcher ne se valent pas.
Le premier critère doit être la sécurité.
Un objet doit être adapté à la taille, à l’âge et au comportement de votre chiot.
Il faut également tenir compte de sa manière de mâcher.
Certains chiots sont de véritables « broyeurs » : ils détruisent rapidement leurs jouets et peuvent tenter d’en avaler les morceaux. D’autres mâchouillent beaucoup plus délicatement.
Attention aux objets extrêmement durs
Un objet qui paraît « indestructible » n’est pas nécessairement un bon choix.
Une mastication excessivement dure peut présenter un risque pour les dents.
De manière générale, plus dur n’est pas forcément mieux.
Attention aux petits morceaux
Tout objet susceptible de se fragmenter doit être surveillé.
Retirez-le dès qu’il devient suffisamment petit pour être avalé ou qu’il présente des parties qui se détachent.
La surveillance est particulièrement importante avec les chiots qui cherchent à avaler ce qu’ils mâchent.
La surveillance reste indispensable
Même lorsqu’un produit est présenté comme adapté aux chiots, aucun objet de mastication n’est totalement sans risque.
Lorsque votre chiot découvre une nouvelle mastication, restez donc présent et observez sa façon de l’utiliser.
En cas de doute, demandez conseil à votre vétérinaire.
Et les meubles ? Et les mains ?
Il est fréquent qu’un chiot passe d’un jouet à nos mains, nos vêtements ou les pieds des meubles.
Cela ne signifie pas nécessairement qu’il est agressif.
Chez le jeune chiot, les interactions avec les humains passent également beaucoup par la gueule.
Si votre chiot mordille vos mains pendant le jeu, évitez de transformer vos mains en jouets. Vous pouvez interrompre calmement l’interaction et proposer un jouet approprié.
Si les mordillements sont particulièrement intenses, surviennent surtout lorsque le chiot est fatigué ou surexcité, pensez également à son besoin de repos.
Un chiot qui semble « complètement déchaîné » n’a pas toujours besoin de davantage de stimulation. Il peut parfois avoir besoin de dormir.
Un chiot qui mâchouille beaucoup est-il forcément un chiot qui manque d’activité ?
Non.
C’est même un point important à comprendre.
Lorsqu’un chiot détruit ou mâchouille beaucoup, notre premier réflexe peut être de penser :
« Il faut davantage le fatiguer. »
Mais un chiot a aussi besoin de dormir énormément, d’apprendre à se poser et de bénéficier de périodes calmes.
Une succession permanente de jeux, promenades, apprentissages et stimulations peut au contraire conduire certains chiots à être surchargés et incapables de redescendre en excitation.
La mastication peut alors être une activité intéressante parmi d’autres pour favoriser le retour au calme.
La bonne approche : répondre au besoin plutôt que combattre le comportement
La mastication est un comportement normal du développement.
Plutôt que de chercher à l’interdire, nous pouvons apprendre au chiot à l’exprimer dans un contexte approprié.
Cela passe par quatre grands principes :
1. Sécuriser son environnement
Limiter l’accès aux objets dangereux ou précieux.
2. Lui proposer des alternatives adaptées
Des objets de mastication variés et sécurisés.
3. Renforcer les bons choix
Lui permettre de découvrir que ses propres jouets sont intéressants.
4. Respecter ses besoins de repos
Un chiot fatigué ou surexcité peut avoir davantage de comportements de mordillement.
L’objectif n’est pas d’avoir un chiot qui ne mâche jamais.
L’objectif est d’avoir un chien qui, progressivement, sait quoi faire de son besoin de mâcher.
À retenir
La mastication chez le chiot est :
- naturelle ;
- liée notamment à l’exploration et à la dentition ;
- une activité qui peut être enrichissante et apaisante ;
- à accompagner plutôt qu’à supprimer ;
- à orienter vers des objets adaptés et sécurisés.
Et surtout : ne culpabilisez pas si votre chiot mâchouille votre chaussette préférée.
Il n’est pas en train de remettre en question votre autorité.
Il est simplement en train d’être… un chiot.
Notre rôle est de lui apprendre progressivement comment vivre harmonieusement avec nous, tout en respectant les besoins qui sont les siens.


